Fuudge transforme les Foufounes Électriques en cathédrale grunge
Montréal n’avait pas besoin d’être convaincue — mais Fuudge l’a fait pareil.
Le 18 juin, dans le cadre des Francos, le lancement d’album du groupe aux Foufounes Électriques avait des allures de déclaration. Dans cette salle mythique où la sueur et le feedback font partie du décor depuis des décennies, Fuudge ne s’est pas contenté d’occuper l’espace : ils l’ont saturé.
Dès les premières notes, le ton est donné. Guitares épaisses, presque visqueuses, qui s’écrasent contre une section rythmique à la fois lourde et flottante. Leur son navigue entre le stoner, le grunge et le psychédélique, sans chercher à réinventer quoi que ce soit. Et c’est précisément là que ça fonctionne : Fuudge comprend que le poids d’un riff, bien livré, suffit à tenir une salle entière en haleine.
Au centre de tout ça, David Bujold impose une présence sans artifice. Pas de discours formaté, peu d’interactions inutiles — juste assez pour maintenir le lien, jamais assez pour casser l’élan. Le spectacle se déploie comme un bloc, presque sans respiration, chaque pièce s’enchaînant dans une continuité hypnotique.
Aux Foufs, l’effet est décuplé. Le plafond bas, les murs chargés, la proximité avec la scène — tout contribue à enfermer le son, à le rendre plus dense, plus physique. Le public ne fait pas que regarder : il encaisse. Et il en redemande. L’énergie circule, rebondit, se compacte jusqu’à devenir presque animale.
Par moments, le mix frôle la surcharge. Certains détails se perdent dans la masse sonore. Mais difficile de parler de défaut quand l’intention semble justement là : Fuudge ne cherche pas la précision clinique, mais l’immersion totale. On ne décortique pas leur musique, on la traverse.
À la fin, une chose est claire : ce lancement dépasse largement la simple présentation d’un album. C’est une affirmation. Fuudge sait exactement ce qu’il fait — et surtout, comment le faire vivre sur scène.
Dans une scène souvent polie, parfois trop contrôlée, Fuudge ramène quelque chose de plus brut, de plus lourd, de plus incarné. Et aux Foufounes Électriques, c’est exactement ce qu’il fallait.
Comments